Les cycles de peintures du pont de la Chapelle
La plupart des tableaux triangulaires du pont ont été détruits lors de l’incendie de 1993. Ici, vous pouvez néanmoins admirer ces œuvres.
Le cycle de peintures du pont de la Chapelle montre des scènes de l’histoire de la Confédération ainsi que la vie des saints patrons de la ville, Léger et Maurice.
Vers 1580, le cycle biblique sur le pont de la Cour avait été achevé. Apparemment avec succès, car peu après, le scribe de la ville de Lucerne, Renward Cysat, commença à rédiger des concepts pour un programme pictural pour le pont de la Chapelle. En 1599, il soumit sa proposition aux conseillers municipaux. Ceux-ci décidèrent que le pont de la Chapelle serait également orné d’un cycle de peintures. Celui-ci ne devait pas contenir d’images religieuses, mais exclusivement des motifs profanes. En 1611, le conseil approuva l’exécution. Tous les membres du conseil furent invités à offrir des tableaux. En général, une famille donatrice finançait deux tableaux de chaque côté du même motif. Leurs armoiries et inscriptions apparaissent donc une fois dans le cycle d’histoire nationale et une fois dans le cycle de Léger ou de Maurice.
Avec le conseiller littéraire lucernois Hans Rudolf Sonnenberg, Renward Cysat rédigea les vers servant de légendes pour expliquer les thèmes représentés. Depuis la rive gauche de la Reuss, environ 76 tableaux représentaient des scènes d’histoire nationale. Depuis la rive droite, 40 tableaux racontaient la vie du saint Léger, suivis de 29 tableaux illustrant la légende du deuxième saint de la ville, Maurice. Sur les deux extrémités du pont, la pyramide de blasons lucernoise ouvrait le parcours pictural. S’ajoutait une peinture offerte par le nonce apostolique, alors résident à Lucerne.
Le cycle de peintures du pont de la Chapelle est étroitement lié à l’histoire de la Confédération et des pays voisins. En repensant aux événements politiques entre 1560 et 1620, on comprend pourquoi la suite des images a été conçue de cette manière. Cette époque politiquement instable était marquée intérieurement par des conflits confessionnels et extérieurement par des alliances changeantes entre la France, l’Espagne, la Savoie et le pape. La représentation détaillée du saint français Léger rendait hommage au roi de France, au service duquel se trouvaient de nombreux Lucernois. L’éloge éloquent du saint thébain Maurice, exécuté dans le Valais, faisait directement référence au partenaire catholique important, la Savoie.
… du pont de la Chapelle ont été partiellement ou totalement détruits lors de l’incendie de 1993.
On peut supposer que l’exécution de l’ensemble du cycle a été confiée au peintre lucernois le plus important de l’époque, Hans Heinrich Wägmann. En 1614, il reçut le paiement pour les quatre tableaux offerts par les autorités. De plus, trois de ses dessins ont été conservés, représentant les esquisses pour les peintures du pont de la Chapelle. Comme les tableaux ont été rénovés et repeints à plusieurs reprises, il est difficile de déterminer la main de chaque artiste. Seul le style de Hans Heinrich Wägmann peut être décrit de manière précise, ainsi que celui de Hans Jakob Wysshaupt, dont les figures élégantes et dansantes apparaissent occasionnellement. Sans aucun doute, d’autres peintres locaux ont également participé à la réalisation des tableaux du pont.
Les peintures du pont de la Chapelle ont une importance historique et artistique et font partie des symboles de la ville de Lucerne. Depuis des siècles, elles sont observées et commentées par des spécialistes et des voyageurs du monde entier. L’incendie du pont dans la nuit du 17 au 18 août 1993 détruisit environ les deux tiers des peintures. Heureusement, deux ans auparavant, elles avaient été photographiées professionnellement. Ces clichés, et donc toutes les œuvres existant avant 1993, sont reproduits ici.

Deux lions, symboles de force, soutiennent l’écu couronné de Lucerne. L’un brandit la bannière lucernoise, l’autre présente l’épée du pouvoir d’État. (Selon la numérotation scientifique : panneau 001a)
En 1577, des ossements de mammouth sont découverts à Reiden. Le médecin de la ville de Bâle, Felix Platter, les interprète comme ceux d’un homme géant. Le peintre Hans Bock l’Ancien le reconstitue dans un tableau. Présenté comme le plus ancien homme de l’histoire lucernoise, il ouvre le cycle. (Selon la numérotation scientifique : panneau 001)
Une légende raconte qu’un ange lumineux aurait été aperçu à l’endroit où se trouve aujourd’hui la Hofkirche. C’est pourquoi, en 630, une chapelle y aurait été construite et dédiée à saint Nicolas. Lucerne tirerait son nom et son origine de cette lumière. (Selon la numérotation scientifique : panneau 002)
Cette apparition lumineuse peinte sur la table a-t-elle donné son nom à la ville de Lucerne ? « Lucerna » signifie lumière. Cette thèse est mise en doute. « Lucerne » pourrait provenir de « Lucius » (le brochet en latin), ce qui indiquerait un village de pêcheurs. (Selon la numérotation scientifique : panneau 003)
Fondé vers 750, le couvent « im Hof » est attesté pour la première fois par une charte en 840, mais tombe ensuite en ruine. Vers 850, le prêtre Wichardus le rétablit. Accompagné des saints patrons Léger et Maurice, Wichardus remet le modèle de l’église à la Vierge Marie. (Selon la numérotation scientifique : panneau 004)
Le couvent bénédictin « im Hof » est en construction. Saint Benoît en supervise les travaux. (Selon la numérotation scientifique : panneau 005)
La ville de Lucerne se transforme. Cette image montre la cité vers 1615, peinte d’après le prospectus urbain de Martin Martini, achevé en 1597. (Selon la numérotation scientifique : panneau 006)
Accompagné des deux porte-enseignes de la grande et de la petite ville, le capitaine de Lucerne chevauche un cheval fringant. L’attention des hommes se concentre sur un événement lointain qui exige leur action résolue. (Selon la numérotation scientifique : panneau 007)
Trois enseignes avancent d’un pas rapide et font voltiger leurs drapeaux, comme ils l’ont répété pour leur prestation à la fête des tireurs. Les porte-enseignes sont représentés comme des membres de la société des tireurs de Lucerne, attestée depuis 1424. (Selon la numérotation scientifique : panneau 008)
Le porte-enseigne, vêtu aux couleurs de Willisau, présente la bannière de la ville de Willisau, visible à l’arrière-plan. En 1407, Lucerne achète le comté de Willisau aux Habsbourg. (Selon la numérotation scientifique : panneau 009)
Les barons de Rothenburg, attestés par des chartes dès 1130 environ, comptaient parmi les familles nobles les plus puissantes de la région de Lucerne. En 1385, Lucerne conquiert le château de Rothenburg, représenté sur la bannière de l’enseigne. (Selon la numérotation scientifique : panneau 010)
En 1358, les gens de l’Entlebuch se rachètent des Habsbourg et concluent en 1385 un pacte de combourgeoisie avec Lucerne. La bannière montre le hêtre ainsi que la croix entourée de la couronne d’épines et des clous, accordée en 1479 par le pape Sixte IV. (Selon la numérotation scientifique : panneau 011)
La ville de Sursee est fondée au milieu du XIIIᵉ siècle par les Kybourg. En 1278, elle passe aux Habsbourg, qui lui accordent le droit de cité en 1299. En 1415, Sursee entre dans la sphère de domination de Lucerne et adopte alors la bannière mi-partie rouge et blanche. (Selon la numérotation scientifique : panneau 012)
Faisant allusion à la bataille de Sempach, la bannière montre le lion rouge rampant des Habsbourg, qui fondèrent la ville de Sempach peu avant 1234. En 1386, Sempach conclut un pacte de combourgeoisie avec Lucerne. (Selon la numérotation scientifique : panneau 013)
En demi-cercle se tiennent neuf porte-enseignes. Ils représentent les bailliages lucernois : Ruswil, Münster (Beromünster), Büron et Triengen, Merenschwand, Knutwil, Horw, Malters, la seigneurie de Habsbourg et Weggis (de g. à dr.). Ne sont pas représentés les bailliages d’Ebikon, de Reussegg et de Wikon. (Selon la numérotation scientifique : panneau 014)
L’apôtre Paul aurait ordonné Béat prêtre et lui aurait confié la mission de partir comme messager de la foi en Suisse. Il aurait vécu dans une grotte près de Beatenberg, au bord du lac de Thoune, après avoir chassé un terrible dragon. (Selon la numérotation scientifique : panneau 015)
Meinrad est ordonné prêtre au monastère de Reichenau. Il se retire dans la forêt sombre et y bâtit une cellule. Deux brigands l’assassinent en 863. Deux corbeaux les poursuivent jusqu’à leur capture. À l’endroit du meurtre, le monastère d’Einsiedeln est fondé en 934. (Selon la numérotation scientifique : panneau 016)
La légende raconte que Dame Guta de Rothenburg aurait fondé le couvent des Franciscains de Lucerne en 1233. Il est attesté avec certitude en 1269. Une seconde légende dit que François lui-même séjourna à Lucerne. L’image montre la fondatrice entrant solennellement dans l’église. (Selon la numérotation scientifique : panneau 017)
Vers 1500, un Hollandais vit à Werthenstein de l’orpaillage dans l’Emme. La nuit, il entend des chants et voit des lumières. Il fixe une image de la Vierge à un sapin. Des gens viennent y prier. Finalement, en 1616, le gouvernement de Lucerne fait bâtir une église de pèlerinage. (Selon la numérotation scientifique : panneau 018)
Vers 1292, le couvent cistercien de moniales d’Eschenbach fut fondé par Walther III d’Eschenbach. Une cistercienne, vêtue de l’habit blanc et du voile noir, prie la sainte Symphorose, apparaissant dans le ciel, dont le corps fut transféré au couvent en 1652. (Selon la numérotation scientifique : panneau 019)
En 1245, le Lucernois Peter Schnyder et son fils offrent aux pieuses sœurs le terrain de Riedholz, près d’Ebikon, permettant ainsi la construction du couvent cistercien de moniales de Rathausen. À l’arrière-plan se dressent les montagnes du lac des Quatre-Cantons. (Selon la numérotation scientifique : panneau 020)
Les barons de Langenstein fondent en 1194 l’abbaye cistercienne de Saint-Urbain. Bernard de Clairvaux, vêtu de l’habit blanc des cisterciens, se tient sur une colline et désigne le monastère, représenté dans l’état de sa reconstruction baroque. (Selon la numérotation scientifique : panneau 021)
L’ordre des Hospitaliers fut fondé par des frères et sœurs charitables. Leur hôpital de Jérusalem, dédié à saint Jean-Baptiste, existe depuis 1100. Vers 1175, le chevalier Rudolf de Hohenrain fonde l’hôpital des Hospitaliers de Hohenrain. (Selon la numérotation scientifique : panneau 022)
Saint Georges, à cheval, combat le dragon qui menace de dévorer la fille du roi de Silène. Vénéré par les croisés, il renvoie à la commanderie des Hospitaliers de Reiden (à d.). Il est aussi le patron de la chapelle du château de Wikon, à l’arrière-plan. (Selon la numérotation scientifique : panneau 023)
La légende raconte qu’Adelbero, fils du comte Bero de Lenzbourg, combattit un ours lors d’une chasse et fut écrasé par lui. À l’endroit de l’accident, Bero fonda le chapitre de chanoines de Beromünster. (Selon la numérotation scientifique : panneau 024)
Les chroniqueurs rapportent que l’empereur Charlemagne combattit les Maures en Provence en 811. Son fils Roland fut capturé. Comme les Lucernois s’étaient particulièrement distingués, Charlemagne leur permit de jouer du cor, instrument que Roland aimait tant. (Selon la numérotation scientifique : panneau 025)
Struth Winkelried du canton de Nidwald est banni pour homicide. Il propose de tuer un dragon menaçant afin de récupérer ses droits de citoyen. À Ennetmoos, Struth tue le dragon. Cependant, le sang du dragon empoisonne le héros. (Selon la numérotation scientifique : panneau 026)
Le landamman de Schwytz, Werner Stauffacher, s’est fait bâtir à Steinen une belle maison neuve. Le bailli autrichien Gessler arrive à cheval et demande à qui appartient la maison. Stauffacher ôte humblement son chapeau et répond : «Cette maison est votre fief et le mien.» (Selon la numérotation scientifique : panneau 027)
Le bailli impérial autrichien du Landenberg, à Sarnen, aperçoit les magnifiques bœufs du paysan de Melchtal. Il envoie un valet pour les dételer et s’en emparer. Arnold, le fils du paysan, frappe le valet et lui brise un doigt. (Selon la numérotation scientifique : panneau 028)
Lors de ses pérégrinations, le bailli autrichien de Wolfenschiessen découvre à Altzellen une jeune et belle paysanne. Il lui ordonne de préparer un bain. Elle obéit, mais avertit son mari Conrad. Celui-ci abat le bailli d’un coup de hache. (Selon la numérotation scientifique : panneau 029)
Pour contraindre le peuple d’Uri à l’obéissance, le bailli Gessler plante un chapeau sur un poteau à Altdorf. Chacun doit lui rendre hommage. Le chasseur Guillaume Tell passe devant le chapeau avec son fils sans s’incliner. Il est alors arrêté. (Selon la numérotation scientifique : panneau 030)
Le bailli Gessler ordonne à Guillaume Tell de tirer, à une distance de 120 pas, une pomme placée sur la tête de son fils. Tell implore en vain la clémence de Gessler. Il atteint la pomme, mais reste néanmoins en captivité. Il parvient à s’évader et tue Gessler dans le chemin creux. (Selon la numérotation scientifique : panneau 031)
Le bailli de Schwyz Werner Stauffacher, un membre de la famille Fürst d’Uri, et Arnold de Melchtal jurent de se soutenir mutuellement. Pour se concerter, ils se rendent chacun la nuit au Grütli et s’y retrouvent avec des compagnons partageant les mêmes idées. (Selon la numérotation scientifique : panneau 032)
Karl Martin Eglin a ajouté à sa collection publiée en 1828, « Peintures du pont de la Chapelle à Lucerne », une dernière image n° 74 représentant la bataille de Morgarten en 1315. Cette image n’a probablement jamais existé sur le pont de la Chapelle. (Selon la numérotation scientifique : panneau 032a)
Lucerne est une ville habsbourgeoise. Les Habsbourg excluent les cantons forestiers révoltés du marché lucernois. De 1292 à 1315, il y a des escarmouches navales : les Lucernois attaquent Buochs, Stansstad et Alpnach avec des naves, tandis que les cantons forestiers assaillent Lucerne. (Selon la numérotation scientifique : panneau 033)
Depuis 1309 existe la baillie impériale des Waldstätten, qui entretient des relations avec les villes impériales de Zurich et de Berne, mais exclut Lucerne, ville des Habsbourg. Après la bataille de Morgarten, en 1316, Lucerne cherche à renforcer ses liens avec les Waldstätten. (Selon la numérotation scientifique : panneau 034)
En 1332, Lucerne conclut une alliance avec les cantons forestiers. Les représentants de la ville et des cantons, ainsi que ceux des localités de Gersau et de Weggis, sont rassemblés pour le serment de l’alliance. Le serment a probablement lieu dans la chapelle Saint-Pierre à Lucerne. (Selon la numérotation scientifique : panneau 035)
Le chevalier Peter de Thorberg, bailli autrichien dans l’Entlebuch, à Wolhusen et à Ruswil, exerce sans relâche les droits de sa seigneurie. Ainsi, à Noël 1385, il aurait fait capturer et pendre plusieurs citoyens lucernois au poste de douane de Rothenburg. (Selon la numérotation scientifique : panneau 036)
La nuit sanglante lucernoise a probablement eu lieu le 24 juillet 1343. La légende est connue sous le titre « Die Mordnacht von Luzern », lorsqu’un garçon malin sauva les Confédérés d’une attaque des partisans autrichiens. (Selon la numérotation scientifique : panneau 037)
Le jour de la fête de Pierre et Paul, en 1340, la grande ville de Lucerne est dévastée par un incendie. Des catastrophes frappent régulièrement la ville : incendies, orages et inondations. (Selon la numérotation scientifique : panneau 038)
Chaque année, une procession a lieu en l’honneur de la Vierge Marie. Le parcours de la Musegg se déroule le 25 mars et constitue l’événement religieux le plus important de Suisse centrale. (Selon la numérotation scientifique : panneau 039)
À l’époque des conflits entre la Suisse centrale et l’Autriche, les Lucernois, avec l’aide des cantons forestiers, prennent la Habsburg au bord du lac des Quatre-Cantons à Meggen à la Pentecôte 1352. La Habsbourg est incendiée. (Selon la numérotation scientifique : panneau 040)
Pendant la guerre de Cent Ans entre l’Angleterre et la France, un chef mercenaire envahit l’Alsace en 1375. En raison de leurs coiffes pointues, les soldats sont appelés les « Gugler ». Les détachements sont repoussés à Buttisholz par les troupes lucernoises. (Selon la numérotation scientifique : panneau 041)
Après l’alliance de la ville de Lucerne avec les cantons forestiers, la politique territoriale expansive de Lucerne ainsi que les exactions des baillis Habsbourg entraînent des conflits avec l’Autriche. Le 28 décembre 1385, les Lucernois envahissent la ville de Rothenburg et s’emparent du château. (Selon la numérotation scientifique : panneau 042)
Vers le milieu du XIVᵉ siècle, la Confédération des cantons forestiers s’étend avec Lucerne pour former la Confédération à huit cantons. D’autres alliances suivront, comme l’annoncent les nombreux blasons représentés. (Selon la numérotation scientifique : panneau 043)
Lucerne provoque tellement le duc Léopold III d’Autriche que celui-ci rassemble une armée de chevaliers à Brugg et marche contre Lucerne. Le 9 juillet 1386, la bataille de Sempach a lieu. Les Confédérés remportent une victoire très remarquée. (Selon la numérotation scientifique : panneau 044)
Lors du concile de Constance, le roi Sigismond de Luxembourg prononce en 1415 l’interdit contre son adversaire Frédéric IV d’Autriche et encourage les Confédérés à envahir l’Argovie des Habsbourg. Les Lucernois prennent Sursee et Saint-Urbain. (Selon la numérotation scientifique : panneau 045)
Dans le conflit entre le roi Sigismond de Luxembourg et Frédéric IV d’Autriche, les Confédérés envahissent l’Argovie en 1415, prennent la ville de Baden et détruisent le château de Stein, siège administratif avancé des Autrichiens, où flotte la bannière des Habsbourg. (Selon la numérotation scientifique : panneau 046)
À l’occasion du concile de Constance, le roi Sigismond confirme en 1415 à Lucerne le privilège de juridiction criminelle (« peines capitales ») accordé par le roi Wenceslas. Lucerne est élevée au rang de ville impériale. (Selon la numérotation scientifique : panneau 047)
Lors de sa participation au concile de Constance, le roi allemand et futur empereur Sigismond visite les cantons suisses. Ainsi, le 29 octobre 1417, il se rend à Lucerne. Il est accueilli par les autorités et se rend solennellement à l’église Saint-Léger. (Selon la numérotation scientifique : panneau 048)
En 1403, Uri et Unterwald reprennent aux Milanais la Basse Léventine et achètent en 1419 le comté de Bellinzone. La route du Gothard est ainsi sécurisée. En 1422, les Milanais reprennent Bellinzone et infligent aux Confédérés de Suisse centrale une lourde défaite à Arbedo. (Selon la numérotation scientifique : panneau 049)
Dans la lutte contre les Confédérés, les Autrichiens concluent une alliance avec le roi de France Charles VII. Celui-ci envoie son armée d’Armagnacs en direction de Bâle. En 1444, un contingent confédéré repousse les Armagnacs au-delà de la Birse. (Selon la numérotation scientifique : panneau 050)
Après la retraite des Armagnacs le long de la Birse, les Confédérés se dirigent vers Bâle. Soudain, ils se retrouvent face à une armée armagnac dix fois plus nombreuse. Lors de la bataille de Saint-Jacques-sur-la-Birse, ils sont encerclés et totalement anéantis. (Selon la numérotation scientifique : panneau 051)
En 1392, un valet perd tout son argent en jouant aux cartes. Il jette son poignard en l’air en jurant qu’il veut percer le côté du Christ. Cinq gouttes de sang tombent alors sur la table, et le sacrilège est emporté par le diable. C’est le miracle du Saint-Sang de Willisau. (Selon la numérotation scientifique : panneau 052)
En 1447, Anna Vögtlin vole une hostie dans l’église paroissiale d’Ettiswil. À la sortie du village, elle la jette dans les orties. La bergère Margret Schulmeister retrouve l’hostie. Elle est solennellement rapportée à l’église. C’est le miracle eucharistique d’Ettiswil. (Selon la numérotation scientifique : panneau 053)
La ville de Mulhouse, pressée par les Habsbourg, s’est alliée à Berne et Soleure. Des chevaliers des environs, vassaux des Habsbourg, avancent en 1468 devant Mulhouse. Les Confédérés se précipitent à l’aide et repoussent 300 cavaliers sur l’Ochsenfeld près de Mulhouse. (Selon la numérotation scientifique : panneau 054)
Le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, veut établir un grand empire et menace les Confédérés suisses. À l’instigation de Berne, ils déclarent la guerre à Charles le Téméraire en 1474. À Héricourt, ils battent une armée bourguignonne. Ils attaquent Orbe et prennent la ville. (Selon la numérotation scientifique : panneau 055)
Après la campagne de conquête du Pays de Vaud en 1475, à laquelle participèrent également des Lucernois, les Bernois reçoivent leurs compatriotes confédérés devant la ville avec 400 garçons armés, le Conseil et les citoyens, afin de remercier pour la fraternité d’armes. (Selon la numérotation scientifique : panneau 056)
En février 1476, Charles le Téméraire assiège la petite ville de Grandson avec son armée d’environ 20 000 hommes. La garnison bernoise, ignorante de l’approche des Confédérés, se rend aux assiégeants après seulement trois jours. (Selon la numérotation scientifique : panneau 057)
Ce panneau date seulement de 1768. Il relate l’affaire Gaudot. En 1747, le roi de Prusse instaure un nouveau régime fiscal dans sa principauté de Neuchâtel. Les habitants se révoltent et tuent le représentant du roi, Claude Gaudot. Berne, agissant comme arbitre, occupe la ville. (Selon la numérotation scientifique : panneau 058)
Contrairement à sa promesse, Charles le Téméraire fait exécuter la garnison de Grandson, composée de Bernois et de Fribourgeois, qui s’était rendue. Les 412 défenseurs sont tous pendus et noyés. (Selon la numérotation scientifique : panneau 059)
Charles le Téméraire campait le 19 février 1476 près de Grandson. Les Confédérés se rassemblent à Bevaix, au sud-ouest de Neuchâtel. Le 2 mars, Charles le Téméraire marche contre les Confédérés. À Concise, son armée est écrasée par les Confédérés. Il fuit alors vers Grandson. (Selon la numérotation scientifique : panneau 060)
Après la bataille de Grandson, les Confédérés atteignent le camp de Charles le Téméraire, situé au bord de l’Arnon, que les Bourguignons en fuite ont complètement abandonné. Ils mettent la main sur un butin fabuleusement riche. (Selon la numérotation scientifique : panneau 061)
Charles le Téméraire constitue une nouvelle armée. Le 10 juin 1476, il assiège la ville de Morat avec 23 000 hommes. Adrian de Bubenberg la défend avec 2000 Bernois. Le 22 juin, les Confédérés attaquent avec 25 000 hommes et remportent une grande victoire. Charles le Téméraire parvient à s’enfuir. (Selon la numérotation scientifique : panneau 062)
Le duc de Lorraine René II, allié des Confédérés, reprend sa capitale Nancy aux Bourguignons. Charles le Téméraire assiège la ville. Avec l’aide des Confédérés, René II attaque l’armée de Charles le Téméraire le 5 janvier 1477 et remporte la victoire. Charles le Téméraire meurt. (Selon la numérotation scientifique : panneau 063)
Avec les victoires sur Charles le Téméraire, la Confédération devient une grande puissance. Cependant, les structures politiques internes provoquent des conflits. Les négociations entre les cantons risquent d’échouer. Grâce à l’ermite Nicolas de Flüe, un accord est trouvé en 1481. (Selon la numérotation scientifique : panneau 064)
L’empereur allemand Maximilien Ier tente de lier davantage les Confédérés à l’Empire. Ceux-ci s’allient au roi de France Charles VIII. Cela déclenche la guerre de Souabe. Le 22 mars 1499, les Confédérés infligent une défaite à une armée impériale à Bruderholz, près de Bâle. (Selon la numérotation scientifique : panneau 065)
Au début d’avril 1499, l’armée impériale rassemble de fortes troupes près de Constance. Le 11 avril, ils attaquent le poste confédéré à Ermatingen en Thurgovie. Les Confédérés perdent 80 hommes et deux canons. (Selon la numérotation scientifique : panneau 066)
Après la perte d’Ermatingen, l’occupant confédéré se retire dans son camp à Schwaderloh. Le capitaine lucernois décrit l’abandon des deux couleuvrines lucernoises et appelle à leur reprise. Une attaque est préparée. (Selon la numérotation scientifique : panneau 067)
À la mi-juillet 1499, la guerre de Souabe éclate de nouveau. Le comte Heinrich de Fürstenberg rassemble devant le château de Dorneck à Dornach une armée de 10 000 hommes. Le 22 juillet, les soldats de Soleure, Berne et Zurich attaquent l’armée impériale. (Selon la numérotation scientifique : panneau 069)
Les Confédérés, en infériorité numérique, se trouvent dans une grande difficulté. L’armée impériale semble prendre le dessus, mais en fin de journée, les contingents de Lucerne et de Zoug arrivent et assurent la victoire. (Selon la numérotation scientifique : panneau 070)
Après que le roi de France Charles VIII eut engagé les Cent-Suisses en 1497, le pape Jules II della Rovere, arrivé au pouvoir en 1503, souhaite également disposer d’une garde suisse. Celle-ci entre à Rome en 1506 et accompagne Jules II en novembre 1506 à Bologne (image). (Selon la numérotation scientifique : panneau 071)
Outre le roi à Paris et le pape à Rome, d’autres princes disposent de gardes suisses. Ainsi le duc Alfonso II d’Este à Ferrare, le duc Francesco Maria II della Rovere à Urbino, le duc Charles III de Lorraine et le duc Charles-Emmanuel I de Savoie. (Selon la numérotation scientifique : panneau 072)
Cette image clôt les représentations des batailles, résume de nombreuses autres guerres et rappelle, par la présentation d’un ordre de bataille serré et les bannières de tous les cantons et lieux alliés, tous les combats, victoires et défaites des Confédérés. (Selon la numérotation scientifique : panneau 074)
Après sa visite à Lucerne en 1570, l’archevêque milanais Charles Borromée plaide avec force pour la création d’un collège jésuite à Lucerne. En 1574, les deux premiers pères arrivent, et en 1577, le collège est fondé et s’installe dans le palais des Ritter. (Selon la numérotation scientifique : panneau 075)
À la Pentecôte 1531, la Vierge Marie apparaît à Moritz von Mettenwyl sur le Wesemlin. À l’endroit du miracle, il fait construire une chapelle. Plus tard, Kaspar Pfyffer offre ses terres à côté de la chapelle pour la construction d’un couvent des Capucins. En 1589, les frères s’y installent. (Selon la numérotation scientifique : panneau 076)
Cette planche a été offerte par le nonce papal Ludovico di Sarego, alors résident à Lucerne. Elle représente le Jugement dernier et le triomphe de la mort, chevauchant à travers le paysage avec ses ailes blanches et entraînant les hommes devant elle : un motif typiquement italien de memento mori. (Selon la numérotation scientifique : panneau 076a)
Du côté de la chapelle Saint-Pierre, ce panneau héraldique est placé à l’extérieur du pont. Les armoiries sont soutenues par deux lions tenant le globe impérial et l’épée de l’Empire. On y voit également l’aigle impérial à deux têtes dans l’écu d’or, surmonté de la couronne impériale. (Selon la numérotation scientifique : Table 077a)
Cette planche marque le début du cycle de Léger. Le monastère du palais est devenu avant 840 une prévôté de l’abbaye de Murbach en Alsace. Léger vénéré là-bas devient, avec Maurice, le saint patron principal de Lucerne. L’image de représentation montre Léger en évêque. (Selon la numérotation scientifique : panneau 077)
Léger naît vers 616, fils de l’aristocrate burgonde Sigrade et de l’aristocrate Bodilo. À l’âge de 10 ans, il arrive à Paris à la cour du roi franc Clotaire II pour servir comme page et fréquenter l’école du palais. (Selon la numérotation scientifique : panneau 079)
Le roi franc Clotaire II, résidant à Paris, reçoit Léger et l’admet parmi les pages. (Selon la numérotation scientifique : panneau 080)
L’évêque Dido (Desiderius) de Poitiers, frère du père de Léger, Bodilo, fait venir son neveu en 629 à son palais épiscopal afin de prendre personnellement en charge son éducation. La raison pourrait être la mort du roi Clotaire II en 629. (Selon la numérotation scientifique : panneau 081)
Dans le palais épiscopal de Poitiers, Dido enseigne à son neveu Léger la copie des livres. (Selon la numérotation scientifique : panneau 082)
Dès qu’il en a l’âge, vers 636, Léger est ordonné archidiacre de Poitiers par l’évêque Dido. À ce titre, il est chargé de gérer les affaires temporelles du diocèse. (Selon la numérotation scientifique : panneau 083)
En 653, le couvent de l’abbaye Saint-Maxentius (Saint-Maixent, au sud-ouest de Poitiers) élit Léger, âgé de 37 ans, abbé. L’image ne montre pas l’élection de l’abbé, mais probablement les moines du monastère se présentant devant l’évêque Dido pour lui demander un nouvel abbé. (Selon la numérotation scientifique : panneau 084)
Léger entre au monastère Saint-Maxentius. En arrière-plan, le monastère des Capucins du Wesemlin est représenté. (Selon la numérotation scientifique : panneau 085)
Après le règne de Clotaire II, plusieurs successeurs se présentent au trône. Finalement, en 657, Clotaire III, âgé de 6 ans, est proclamé roi. Sa mère Bathilde agit comme régente. En 658, elle confie à Ebroïn la charge de maire du palais. L’année suivante, elle fait venir Léger à la cour comme conseiller. (Selon la numérotation scientifique : panneau 086)
À la cour du roi Clotaire III, alors âgé de seulement 8 ans, Léger agit aux côtés du maire du palais Ebroïn comme conseiller de la régente Bathilde. (Selon la numérotation scientifique : panneau 087)
En 663, Léger est élu évêque d’Autun. Le siège épiscopal d’Autun avait une grande importance politique, la ville étant un bastion des Burgondes qui ne se soumettaient pas au roi des Francs à Paris. (Selon la numérotation scientifique : panneau 088)
Vers 664, l’évêque Sigbrand de Paris incite à une révolte contre le puissant maire du palais Ebroïn. Ebroïn fait tuer l’évêque et exerce également des pressions sur Bathilde, qui remet la régence du roi Clotaire III et se réfugie dans un monastère. Léger réconcilie Ebroïn avec le roi. (Selon la numérotation scientifique : panneau 089)
Après la mort du roi Clotaire III en 673, des conflits pour le trône éclatent. Le maire du palais Ebroïn nomme Thierry roi. Menés par Léger, les nobles francs et les Bourguignons capturent Thierry et placent Childéric II sur le trône. Léger devient conseiller du roi. (Selon la numérotation scientifique : panneau 090)
En 673, Childéric II, déjà roi de l’est mérovingien (Austrasie), devient également roi de l’ouest (Neustrie). C’est probablement Léger, évêque d’Autun, qui, en tant que chef du parti noble bourguignon, couronne Childéric II contre la volonté d’Ebroïn. (Selon la numérotation scientifique : panneau 091)
Avant que Childéric II ne soit couronné, la noblesse bourguignonne capture Thierry, proclamé roi par le majordome Ebroïn, et le fait enfermer à l’abbaye de Saint-Denis. (Selon la numérotation scientifique : panneau 092)
Le roi Childéric II, placé sur le trône grâce à Léger et à la noblesse bourguignonne, règne comme Mérovingien sur tout le royaume pendant une courte période. Comme il se comporte en despote, Léger se brouille rapidement avec lui. (Selon la numérotation scientifique : panneau 093)
Avec l’élection de Childéric II et la capture de Thierry, le maire du palais Ebroïn perd également son poste et se retire au monastère de Luxeuil. (Selon la numérotation scientifique : panneau 094)
Deux ans seulement après le couronnement de Childéric II, Léger entre en conflit avec le roi en 675, refusant de moduler les lois de l’Église au profit du souverain. Des intrigues le contraignent à quitter la cour. (Selon la numérotation scientifique : panneau 095)
Léger quitte la cour royale et retourne dans sa ville épiscopale d’Autun, où il est accueilli avec joie aux portes de la ville. (Selon la numérotation scientifique : panneau 096)
À Autun, les événements s’accélèrent. En 675, le roi Childéric II entre dans la ville pour célébrer Pâques. Des amis avertissent Léger, qui quitte la ville. Il est capturé, présenté devant le tribunal royal et exilé au monastère de Luxeuil. (Selon la numérotation scientifique : panneau 097)
Le roi Childéric II mène une vie de débauche. Il siège à une table richement dressée. Dans le jardin du palais Renaissance, la cour s’adonne à la musique et à la danse, aux bains et aux jeux, et se livre à des festins somptueux. (Selon la numérotation scientifique : panneau 098)
Le règne de Childéric II prend des formes tyranniques qui irritent la noblesse. Lorsque l’un des leurs, Bodilon, se rend au roi pour contester un impôt, celui-ci le fait flageller. (Selon la numérotation scientifique : panneau 099)
Le noble Bodilon, maltraité par Childéric II, jure de se venger. En 675, il attaque le roi lors d’une chasse dans la forêt de Livry et tue celui-ci, son épouse ainsi qu’un prince. (Selon la numérotation scientifique : panneau 100)
Après la mort de Childéric II, la faction burgonde fait venir son frère cadet Thierry du monastère de Saint-Denis et le couronne roi en présence de Léger. (Selon la numérotation scientifique : panneau 101)
Après l’assassinat de Childéric II, Ébroïn quitte le monastère de Luxeuil, recrute une armée, fait prisonnier le nouveau roi Thierry dans un lieu secret et répand la rumeur qu’il est tombé. Puis il déclare le jeune Clovis fils légitime de Clotaire III et le proclame roi. (Selon la numérotation scientifique : panneau 102)
Après peu de temps, Ébroïn abandonne Clovis et rétablit le roi Thierry dans sa dignité et ses fonctions. Thierry lui confie la charge de maire du palais et lui laisse les mains libres. (Selon la numérotation scientifique : panneau 103)
Ébroïn profite de sa nouvelle position de pouvoir pour opprimer la population par l’arbitraire et la terreur. Ses valets parcourent le pays, tuant et pillant. (Selon la numérotation scientifique : panneau 104)
Ébroïn sème la terreur dans tout le pays. Ses troupes apparaissent partout, incendient maisons et villages, tuent et pillent. (Selon la numérotation scientifique : panneau 105)
Pour éliminer son adversaire Léger, Ébroïn rassemble ses troupes devant Autun et assiège la cité épiscopale. Léger avait fait renforcer les fortifications, mais après un court combat, il décide de sortir à la rencontre des assiégeants et de prêter serment de fidélité au roi. (Selon la numérotation scientifique : panneau 106)
Devant la ville d’Autun, Léger est arrêté et conduit devant Ébroïn, tandis que la procession se disperse et que ses compagnons s’enfuient avec la croix et les bannières. (Selon la numérotation scientifique : panneau 107)
Aussitôt après sa capture lors du siège d’Autun, des sbires crèvent les yeux de Léger à l’aide d’une tarière en bois. Cet énorme outil devient l’attribut principal de saint Léger. (Selon la numérotation scientifique : panneau 108)
La persécution et la mise au ban de Léger atteignent aussi son frère Guérin, comte de Paris. Ébroïn le fait traduire en justice et, le 25 août 676, le fait lapider. (Selon la numérotation scientifique : panneau 109)
Le tribunal qui avait condamné Guérin à mort en 676 renonça alors à prononcer la même sentence contre Léger. Devenu entre-temps aveugle, il est contraint par les sbires de marcher pieds nus dans l’eau sur des pierres pointues. (Selon la numérotation scientifique : panneau 110)
Léger n’est pas seulement traîné sur des pierres pointues, on lui mutile aussi les lèvres et on lui arrache la langue. Puis, aveugle et muet, il est enfermé dans le couvent de femmes de Fécamp. Un ange lui apparaît et lui rend la parole, de sorte qu’il peut prêcher aux nonnes. (Selon la numérotation scientifique : panneau 111)
Un tribunal royal condamne Léger à mort. Il est remis au comte Robert pour exécuter le jugement. Dans sa cour de Sarcing, celui-ci charge quatre de ses serviteurs de décapiter Léger. Trois d’entre eux demandent pardon à Léger pour leurs péchés et s’éloignent. (Selon la numérotation scientifique : panneau 112)
Alors que trois serviteurs refusent d’exécuter la sentence, le quatrième, vêtu de rouge comme un bourreau, prend l’épée et décapite Léger, probablement le 2 ou 3 octobre entre les années 678 et 680. (Selon la numérotation scientifique : panneau 113)
Le serviteur a tranché la tête de Léger, qui repose sur le sol avec un halo. Léger reste debout et est renversé par un coup de pied du bourreau. Un démon tombe du ciel, saisit le sbire par la tête et emmène son âme en enfer. (Selon la numérotation scientifique : panneau 114)
Le comte Robert enterre le corps de Léger à Sarcing et y fait ériger une église en son honneur. La colline boisée « Sarcinium » se situe entre Lucheux et Sus-Saint-Léger, au sud-ouest d’Arras dans le Pas-de-Calais. Un pèlerinage se développe et les malades sont guéris au tombeau de Léger. (Selon la numérotation scientifique : panneau 115)
Le pèlerinage au tombeau du saint Léger prend de plus en plus d’ampleur. En 682, le corps est exhumé pour être transféré dans un lieu plus prestigieux. Les trois évêques de Poitiers, Autun et Arras revendiquent le corps de Léger. Finalement, il est attribué à Poitiers. (Selon la numérotation scientifique : panneau 116)
En 679, Ebroïn est tué par le noble Ermenfroi. Le roi Thiery survit aux événements de dix ans. Le jugement sur Léger est encore annulé par lui-même. L’image représente la mort d’Ebroïn de manière beaucoup plus dramatique et fait tomber l’adversaire de Léger au combat. (Selon la numérotation scientifique : panneau 117)
Avec ce panneau commence le cycle de Maurice. Le premier saint patron du monastère de Lucerne aurait été le saint burgonde Maurice. Secondé par son porte-enseigne Exupère, qui tient la bannière de Maurice, Maurice se présente comme légat, en tant que commandant de la Légion thébaine. (Selon la numérotation scientifique : panneau 118)
Un capitaine nommé Achille s’est rebellé contre les Romains en Égypte et a rassemblé de nombreux partisans. Il tente de rallier Maurice et sa légion à sa cause, mais Maurice le repousse et reste fidèle à l’empereur. (Selon la numérotation scientifique : panneau 119)
L’empereur Dioclétien part au combat contre le capitaine rebelle Achille, le soumet et détruit les villes dissidentes d’Alexandrie et de Bousiris. (Selon la numérotation scientifique : Table 120)
Comme Maurice s’est comporté de manière proromaine lors de la guerre entre l’empereur romain Dioclétien et le révolté égyptien Achille, il est honoré par l’empereur et reçoit le commandement de la Légion thébaine. (Selon la numérotation scientifique : panneau 121)
Après sa campagne en Égypte, l’empereur Dioclétien retourne à Rome. Dans la posture du vainqueur, il trône, couronné de laurier, sur un char de triomphe tiré par deux chevaux blancs. (Selon la numérotation scientifique : panneau 122)
Maurice se trouve toujours en Égypte avec sa Légion thébaine, où il gouverne comme préfet impérial. Il décide de partir en pèlerinage à Jérusalem avec tous ses soldats. (Selon la numérotation scientifique : panneau 123)
À Jérusalem, Maurice et ses compagnons rendent visite à l’évêque de la ville. Comme ils sont encore catéchumènes et donc non baptisés, ils se font baptiser par l’évêque et deviennent chrétiens. (Selon la numérotation scientifique : panneau 123a)
Après avoir visité les lieux saints à Jérusalem et avoir été baptisés par l’évêque, Maurice et ses compagnons retournent en Égypte. À l’arrière-plan de l’image apparaît la ville de Jérusalem. (Selon la numérotation scientifique : panneau 124)
Le Thébain chrétien Secundus, qui est devenu l’un des plus éminents à la cour des empereurs romains, souhaite quitter Rome car il refuse de participer aux persécutions des chrétiens. Les empereurs le nomment sous-commandant et représentant de Maurice. (Selon la numérotation scientifique : panneau 125)
Secundus arrive au camp de la Légion thébaine en Égypte et est reçu par Maurice. (Selon la numérotation scientifique : panneau 126)
Les Gaulois se sont révoltés contre les Romains. La Légion thébaine est envoyée à Rome pour participer à la guerre en Gaule. Le messager impérial à cheval transmet l’ordre de marche depuis l’Égypte. (Selon la numérotation scientifique : panneau 127)
La Légion thébaine est arrivée en formation de marche à l’est de la ville de Rome et a fait halte. (Selon la numérotation scientifique : panneau 128)
Dans un camp militaire, les deux empereurs Dioclétien et Maximien sont assis sous un sombre dais. Devant eux apparaissent Maurice et ses légionnaires. La tête découverte, ils s’agenouillent et rendent hommage aux empereurs. (Selon la numérotation scientifique : panneau 129)
À Rome, Maurice rend hommage non seulement aux empereurs, mais rend également, en secret, visite au pape Marcellin. (Selon la numérotation scientifique : panneau 130)
Maurice reçoit l’ordre de marcher avec sa Légion thébaine de Rome au Piémont afin d’être placée sous le commandement des troupes de l’empereur Maximien. (Selon la numérotation scientifique : panneau 131)
À Turin, l’empereur Maximien exige de la Légion thébaine, qui vient de le rejoindre, qu’elle effectue des sacrifices aux dieux romains. Mais les Thébains refusent d’abjurer leur foi chrétienne. Comme Secundus refuse de renoncer à sa position, Maximien le fait arrêter. (Selon la numérotation scientifique : panneau 132)
L’empereur Maximien donne l’ordre de décapiter Secundus. Le corps du martyr est inhumé à Turin. (Selon la numérotation scientifique : panneau 133)
L’empereur Maximien lève le camp au Piémont et transfère les troupes romaines vers le nord. La Légion thébaine traverse le Grand-Saint-Bernard avec l’armée romaine et atteint le Valais. (Selon la numérotation scientifique : panneau 134)
Arrivée dans le Valais, l’armée romaine installe le camp militaire à Octodure (Martigny). L’empereur Maximien ordonne à toutes les troupes impériales d’effectuer des sacrifices aux dieux romains. Maurice refuse et installe avec sa légion un camp séparé à Agaune (Saint-Maurice). (Selon la numérotation scientifique : panneau 135)
Le refus d’obéir de Maurice met l’empereur en colère. Malgré tout, il tente de persuader les Thébains avec des paroles amicales. Il veut également leur offrir de l’or et de l’argent. Mais Maurice et ses légionnaires chrétiens restent fermes et rejettent les offres de Maximien. (Selon la numérotation scientifique : panneau 136)
Furieux, l’empereur Maximien ordonne l’exécution d’un soldat sur dix de la légion. Mais les Thébains restent fermes et refusent tout hommage. Pour la deuxième fois, un légionnaire sur dix est décapité. (Selon la numérotation scientifique : Table 137)
En armure de commandant, Maurice est agenouillé sur son bouclier et est décapité. Derrière lui se dresse, de manière menaçante, le monument militaire que Maximien fit ériger aux dieux romains à Octodure. (Selon la numérotation scientifique : panneau 138)
Les capitaines thébains Urs et Victor, envoyés en mission, arrivent avec leurs légionnaires à Soleure, où le bailli Hirtacus les condamne en tant que chrétiens et les fait décapiter sur le pont de l’Aar. Leurs têtes sont saisies dans l’eau et portées jusqu’au lieu de leur sépulture. (Selon la numérotation scientifique : panneau 139)
Felix et Regula ainsi que leur serviteur Exuperantius étaient venus avec la Légion thébaine à Saint-Maurice. Ils se rendent à Zurich, où le bailli Decius les condamne en tant que chrétiens et les fait décapiter. Leurs têtes sont ramassées et transportées de la Wasserkirche au Grossmünster. (Selon la numérotation scientifique : panneau 140)
Vérène accompagne la Légion thébaine en Italie. Elle traverse les cols alpins jusqu’à Soleure et s’installe comme ermite dans le défilé de Vérène à Rüttenen. Plus tard, elle se rend à Zurzach, où elle vit dans une cellule. Elle nourrit les affamés et soigne les malades avec l’eau des sources. (Selon la numérotation scientifique : panneau 141)
Le capitaine thébain Géréon arrive à Cologne avec sa cohorte. Lui et ses légionnaires refusent de participer aux persécutions ordonnées contre les chrétiens. L’empereur romain Maximien les fait alors exécuter aux portes de la ville. (Selon la numérotation scientifique : panneau 142)
Le futur roi burgonde Sigismond fonde en 515 un monastère à Saint-Maurice, qui poursuit le culte des pèlerinages et devient le sanctuaire tribal le plus important du royaume. La peinture illustre l’intense activité de pèlerinage sur le chemin du Grand-Saint-Bernard. (Selon la numérotation scientifique : panneau 143)
Cette peinture relie le culte des reliques de Saint-Maurice aux liens politiques étroits entre la Savoie et Lucerne. Elle associe la remise de l’anneau de Maurice à Pierre II en 1250 au don de l’épée de Maurice à Charles-Emmanuel Ier en 1591, en présence de la garde personnelle lucernoise du duc. (Selon la numérotation scientifique : panneau 144)
Ce dernier panneau du cycle de Maurice représente la Légion thébaine avec Vérène et Regula. Les martyrs sont rassemblés sous la bannière de Maurice. Au lieu d’armes, les légionnaires tiennent des palmes, symboles de la victoire. (Selon la numérotation scientifique : panneau 145)
Cette peinture a été placée sur le pont de la Chapelle en 1744 lors d’une phase de rénovation. Elle représente le couronnement de la Vierge Marie. (Selon la numérotation scientifique : panneau 146)

Le cycle de peintures est étroitement lié à l’histoire de la Confédération et des pays voisins.
Heinz Horat, historien de l’art et auteur
Heinz Horat s’est intensivement penché, sur mandat de la ville de Lucerne, sur l’histoire du pont de la Chapelle et de ses tableaux triangulaires. Il en a résulté deux ouvrages de référence, considérés comme des travaux standards.
Les peintures du pont de la Chapelle à Lucerne, Volume I : Histoire, concepts, artistes, iconographie, Verlag Hier und Jetzt, 2015, ISBN 978-3-03919-368-4
Les peintures du pont de la Chapelle à Lucerne, Volume II : Les tableaux, Verlag Hier und Jetzt, 2015, ISBN 978-3-03919-368-4