Pont de la Chapelle et tour de l’Eau
Le mondialement célèbre pont de la Chapelle et sa tour de l’Eau font partie intégrante du paysage urbain lucernois.
C’est la carte de visite touristique de Lucerne. Un événement l’a particulièrement marqué : la catastrophe de l’incendie de 1993.
Incontestablement, le pont de la Chapelle avec la tour de l’Eau est l’emblème de la ville de Lucerne. C’est un sujet de photo très prisé et, pour beaucoup d’habitants, une partie du quotidien. Environ 13 800 personnes le traversent chaque jour pour passer de la vieille à la nouvelle ville. Déjà au XIVᵉ siècle, le pont avait une double fonction : relier les piétons entre les deux rives de la Reuss et servir de partie intégrante des fortifications urbaines. Cela explique son tracé oblique inhabituel ainsi que le garde-corps plus élevé du côté du lac. Avec les remparts et le pont de la Cour (« Hofbrücke »), il formait une impressionnante ligne de défense.
Le pont de la Chapelle tire son nom de l’église Saint-Pierre, située sur la rive droite de la Reuss. Lors de sa construction, il reliait la chapelle au « Freienhof », aujourd’hui disparu, sur la rive gauche. Sa date exacte de construction n’est pas connue. Un indice indirect date de 1347, mais la première mention explicite remonte à 1367. Des analyses dendrochronologiques (datation du bois) sur des poutres ont montré qu’il ne pouvait avoir été construit avant 1356. La tour de l’Eau, elle, existait déjà.
Première mention
Création du cycle de peintures
Première réduction sur la rive gauche
Deuxième réduction suite à des remblais
Troisième réduction donnant naissance à la tête de pont actuelle

À l’origine, le pont de la Chapelle mesurait 279 mètres. Peu à peu, sa longueur diminua, d’abord à cause des remblais de la rive gauche. Dès 1833, plusieurs réductions eurent lieu. La configuration actuelle, avec l’angle caractéristique de la tête de pont, date de 1838. Avec la construction du quai de l’Hôtel de Ville, en 1898, le pont perdit encore 15 mètres. La rumeur d’une démolition après la construction de la passerelle de l’Hôtel de Ville suscita l’indignation, surtout en Angleterre. À cette époque, de nombreux touristes britanniques venaient à Lucerne pour admirer et arpenter le pont de la Chapelle. Une démolition de ce monument aurait été un choc. Touristes et habitants protestèrent avec vigueur – et obtinrent gain de cause : le pont fut conservé et mesure aujourd’hui 205 mètres.
L’histoire du cycle de peintures du pont de la Chapelle est tragique. À partir de 1614, 158 tableaux triangulaires furent accrochés dans les pignons du pont. Ils représentaient des scènes de l’histoire suisse ainsi que des légendes des saints patrons de Lucerne, saint Léger et saint Maurice. En 1741, une crue de la Reuss fit s’effondrer une partie du pont et plusieurs tableaux furent emportés. Mais la plus grande perte survint lors de l’incendie de 1993 : sur les 111 peintures originales encore présentes, 86 furent détruites partiellement ou totalement.
Construction du kiosque sur le pont
Réduction sur la rive droite
Classement du pont de la Chapelle comme monument historique fédéral
Déconstruction et reconstruction complète
Incendie majeur détruisant environ deux tiers du pont